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Si on parlait... ... cinéma, manga, série et littérature ? ça vous tente?

Rapport Minoritaire (Philip k. Dick)

David J. Collins

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Bon nombre de films voient leurs origines dans une nouvelle de Philip K. Dick. C’est le cas pour Planète Hurlante, Total Recall, L’Agence, Paychek ou encore, dans le cas qui nous intéresse, Minority report. Si ces films ont su transcender les idées de Dick, développant au maximum leur potentiel, je me devais de lire ces fameuses nouvelles posant les bases.

 

Avec Minority Report, ce que j’ai pu constater d’emblée c’est qu’un approfondissement n’aurait pas été superflu, bien au contraire. Dick ne fait alors qu’effleurer certaines de ces idées les plus brillantes. Partant d’un principe visant à améliorer la société, la rendre plus juste, plus égalitaire, en permettant de supprimer le crime, il montre que tout n’est pas aussi rose ni aussi facile, qu’il y a toujours ou plutôt qu’il doit toujours il y avoir un revers à la médaille symbolisant le parfait.

 

C’est ainsi qu’Anderton, préfet de police à la tête de l’organisation Précrime, voit son destin basculer lorsqu’il découvre son implication dans l’assassinat d’une personne qu’il ne connait même pas.

 

Certains principes développés dans le film de Spielberg ne sont ici qu’effleurés. Encore une fois, Philip K. Dick ne fait que poser des bases, traite juste de ce dont il a besoin. Certaines idées méritaient d’être un peu plus développées, comme le libre arbitre, nous empêchant d’avoir un destin tout tracé ; nous offrant la possibilité d’aller à l’encontre de ce qui nous serait le plus logique ou le plus déterminé.

Le nerf central de l’histoire reste donc l’ambiguïté qui réside dans le fait que l’on arrête des personnes pour des crimes dont on ignore s’ils les commettront réellement.

 

Cependant, en si peu de pages, l’auteur parvient à installer un univers épuré de crimes où tout ne doit pas être pris pour acquis. Un pays des merveilles qui ne l’est qu’en surface alors que les esprits machiavéliques continuent de s’en donner à cœur joie. Du coup le côté le plus sombre de l’humanité jaillit de plus belle, assombrissant l’ambiance.

Les précogs ne sont pas ici des triplets top model. Dick les décrit comme des idiots, des légumes qui ont juste cette faculté de voir l’avenir ou du moins un avenir possible. Ils sont laids et difformes et ont un QI de moule.

Avec un personnage principal, qui parfois me paraissait un peu niais pour un préfet de police censé connaître son métier, il instaure une paranoïa grandissante dans laquelle il est compliqué d’anticiper quoi que se soit.

 

En résumé, une excellente nouvelle parfois un peu tordue et compliquée à aborder si on n’est pas au mieux de sa forme.

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