Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Si on parlait... ... cinéma, manga, série et littérature ? ça vous tente?

Star Wars épisode 7 : le Réveil de la Force

David J. Collins

star wars 7 le réveil de la force

En 2012, Lucas vend sa société à Disney. À peine 3 ans après, un septième épisode de Star Wars sort sur les écrans. Cette précipitation pourrait bien expliquer la déception que représente ce film. Sans être non plus décevant à tous les niveaux, il ne m’aura pas convaincu. Et au final, bien peu de choses survivent à son visionnage.

Annoncer un Star Wars, c’est automatiquement ouvrir les caisses de son compte en banque et demander de nouveaux coffres plus grands. C’est une valeur sûre pour laquelle les spectateurs vont se déplacer en masse. Est-ce une raison pour se foutre de la gueule de ces derniers ?

Si Abrams a dépoussiéré le mythe tout en le respectant avec brio, je doute que l’on puisse lui imputer le reste des erreurs commises (sauf en terme de scénario). Seule sa réalisation inventive qu’il lui est permis d’exprimer lors des séquences de combats aériens (pour le reste, c’est d’un classique sans nom) peut à la rigueur sauver ce dernier épisode du naufrage.

Point de vue scénario justement : reprendre les passages et idées des précédents épisodes et faire un gros puzzle avec en espérant que tout le monde n’y verra que du feu, je ne pense pas que ce soit une bonne idée. On tourne en rond là-dedans. Rien de nouveau. Toujours une dualité père-fils, transposée sur d’autres personnages, toujours un droïde porteur d’une carte destinée à changer la face de la galaxie si elle tombait entre de mauvaises mains, toujours une pseudo étoile noire à détruire…

En plus de la redondance, il faut préciser que le nouveau casting ne sera jamais à la hauteur de ce qui a fait la gloire de Star Wars. Il n’y a pas que le réalisateur qui doit porter un tel projet, c’est une équipe entière et visiblement cette dernière n’a pas vraiment su se rendre compte de l’ampleur du projet et de l’attente qui en découlait.

Il y a tellement de choses négatives à dire que je ne sais ni par où commencer, ni si je ne vais pas en oublier en route.

Commençons par la violence. Il y a toujours eu de la violence dans Star Wars, j’en conviens et ce n’est pas ce qui me dérange. Seulement je pense au spectacle familial et nous ne sommes plus dans un spectacle familial. La barre a été élevée. Franchement, je ne montrerai pas ce genre de film à des enfants de 5 ou 6 ans alors que c’est justement ce qui fait rêver. Sans parler de cette violence, les gosses s’emmerdent devant le métrage, ça ne fait pas un pli ! Déjà qu’un adulte a du mal à adhérer à ce qu’on tente de lui faire ingurgiter…

Parce que soyons clair : bien peu de choix ont été judicieux dans ce film. Faire du héros une héroïne est en soi une excellente idée… encore faut-il choisir l’actrice qui aura la lourde tâche de reprendre le flambeau. Et tout le monde n’est pas Ripley ! Alors je regrette mais Daisy Ridley ne m’a rien inspiré à part un jeu d’actrice exécrable de bout en bout. Et puis Luke, au moins, avait mis trois films pour maîtriser la force. Elle, elle y parvient en 10 minutes pour faire face à un pauvre type qui lui doit la maîtriser depuis des années vue son apparente puissance. Pas crédible une seconde.

Côté obscure, tout se passe plutôt bien avec Kylo Ren… jusqu’à ce qu’il enlève son casque. Là, le mythe tombe et jamais une réplique de film n’aura été des plus justes : « Tu as peur de ne pas être à la hauteur de Vador ! ». Je te le confirme mon gars : tu ne seras jamais à la hauteur de Vador. Pour être le nouveau Vador, il faut en imposer. Ici, une face d’huître et le jeu qui va avec n’impose rien. Enfant gâté qui pique une crise, celui qui est censé représenter une menace n’a en fin de compte qu’un gros problème psychiatrique qu’il doit pouvoir régler avec Freud.

D’accord, on va dire que c’est la colère qui propulse dans le côté obscure. Mais là, ce n’est pas de la colère, c’est de l’hystérie infantile doublé du caprice qui va avec et en plus de ça, dans le côté obscure, il y est déjà !

Nos amis les Stormtroopers. S’ils ne sont pas ridicules à travers une boîte de conserve qui est censée être leur capitaine, ils deviennent humains. La force de ces truffions était justement de donner l’apparence d’être lobotomiser (n’oublions pas qu’à la base, ce sont des clones ; ils n’ont donc pas de conscience propre, ils n’existent pas en somme). Fervents serviteurs du mal, ils agissent sans réfléchir et cela fait d’eux de redoutables machines de guerre, de la véritable chair à canon. Humanisés, ils ne valent plus rien. Et même un plan sur un fond politique lorgnant vers le fascisme avec l’accoutrement pseudo russe de leur leader, ne parvient pas à convaincre.

L’idée de faire de l’un de ces stormtroopers un rebelle était une assez bonne idée qui du coup tombe à plat.

Je passerai sur certains détails comme le sabre laser qui passe de la taille d’un cure-dent à celui d’une bouteille de coca tout le long du film ; de l’humour plus ou moins douteux et bien dosé…

Plus j’y repense, plus j’ai l’impression que Disney veut faire revivre une gloire passée qui n’est plus assez puissante pour faire face à la société d’aujourd’hui. Même le nom du Leader Suprême du 1er Ordre (oui, ça en jette plus que l’Empire, n’est-ce pas ?) n’est pas crédible : Snoke (prononcer Snouque). Tout prête à se moquer dans ce premier épisode de la nouvelle trilogie.

Même la musique de John Williams est une moquerie pure et dure. Il n’y a aucun nouveau thème digne de ce nom. Les seuls passages que l’on pourra retenir sont les resucées du thème principal et celle de la Marche Impériale ; tu parles d’une avance !

Quand on sait que Disney veut sortir un film par an, spin-off compris, jusqu’en 2020, ça fait peur ! On pourra mettre n’importe quel dieu de la réalisation à la barre il ne sauvera pas la franchise du trou noir dans lequel elle plonge.

Pour terminer sur une meilleure note, le seul aspect réellement positif est le retour d’Harrison Ford dans la peau de Han Solo. Le revoir avec Chewbacca est la seule consolation que l’on peut tirer de cette expérience.

Aaaaah, Star Wars, le réveil de la fArce ! Que de bonheur en perspective !

Commentaires