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Si on parlait... ... cinéma, manga, série et littérature ? ça vous tente?

Spectre

David J. Collins

007 spectre james bond

Sans dire que j’en attendais beaucoup de ce nouveau James Bond, j’étais loin de me dire qu’on allait retomber dans les travers de Quantum of Solace. À moins que ça ne soit l’ensemble de la nouvelle saga réinitialisée avec Casino Royale qui ne soit pas, au final, une si bonne idée que cela.

Certes, Bond a été totalement réinventé et Daniel Craig le campe remarquablement bien. Seulement encore une fois, le véritable ennemi de Bond est Bond lui-même. D’accord, nous sommes revenus aux origines ; ok, c’est la première fois que nous avons un film de James Bond qui débute comme un véritable James Bond, à savoir avec un viseur ensanglanté, une séquence pré-générique et un générique mais au-delà de ça ?

De la déception. Avec Christoph Waltz en bad guy, je me suis dit que Bond avait un nouvel ennemi à la hauteur. Mais Bardem aura en fin de compte été l’un des plus grands méchants de la série. Ici, Waltz reste dans l’ombre, ce qui aurait pu être plutôt sympa comme duel. Un peu comme un Sherlock face à Moriarty mais au final c’est plat, sans relief, sans intensité, sans surprise. Jamais Waltz n’a l’opportunité de composer, de montrer son personnage et donc jamais je n’ai palpité, jamais ce Bond ne m’a inquiété. Aucune intensité dramatique, aucun enjeu, juste une succession de séquences d’action plus ou moins bien tournées, jamais surprenantes et encore moins inventives, retombant dans le granguignolesque à défaut d’être jouissif. Tout cela entre deux moments pompeux, ennuyeux au possible, où l’on en est à se demander quand va enfin arriver le générique de fin.

Et puis, il y a une cruelle impression de déjà vu… justement dans Quantum of Solace. Notamment avec cette promenade au milieu du désert. Quelle imagination ! Cette franchise semble peiner à se renouveler, prisonnière du piège de l’ennui qu’elle s’est elle-même tendu.

Une fois n’est pas coutume, Bond ne se bat plus contre un ennemi machiavélique qui veut détruire la planète : il se bat contre lui-même. Il n’y a plus de mission, juste une vendetta personnelle qui, à l’instar de Mission Impossible, doit faire de James Bond un paria pour pouvoir avancer. C’est quoi cette mode ? Le bad guy et son projet sont relégués en arrière plan, nous excluant et du même coup ne nous permettant pas de juger de la véritable folie meurtrière qui se joue. Bref, même si on nous balance des bribes de coups tordus censés nous inquiéter, nous ne le sommes jamais.

Un point positif ceci dit : l’humour. Décalé, avec les gadgets qui ne fonctionnent pas… enfin bon… les gadgets. J’avais lu quelque part que l’on revenait à l’ancienne formule avec justement ces fameux gadgets. Autant vendre la mèche pour ceux qui ne l’ont pas encore vu : c’est une arnaque.

Maintenant, ce film met un point d’honneur à montrer que Mendes ne sait pas manier l’humour. Je ne veux pas plus spoiler que cela mais si le passage du canapé m’a bien fait marrer, répéter ce gag sur le final, ce n’était pas une bonne idée, preuve s’il en est que l’imagination a déserté cette production.

Enfin, voilà, je ne vais pas plus m’étendre sur cette déception, même le générique de début m’a endormi. Les surprises que l’on nous réservait sont tuées dans l’œuf à cause de tout ce qui est bancal dans cette histoire. En espérant que James Bond will return en meilleure forme…

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