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Si on parlait... ... cinéma, manga, série et littérature ? ça vous tente?

Footloose

David J. Collins

footloose

Il est des films considérés comme cultes par toute une génération (et dans le cas présent, une génération dont je fais partie) et que pourtant vous n’avez jamais vus, sans réellement savoir pourquoi jusqu’à ce que vous franchissiez enfin le pas et que vous compreniez pourquoi vous n’avez jamais regardé ce film « culte ».

C’est ce qui m’est arrivé avec Footloose. Certes, à l’époque Dirty Dancing n’avait pas encore défrayé la chronique et c’est peut-être cela qui replace cette comédie musicale à sa juste valeur, à savoir dans le grand-chose-à-en-tirer.

Je ne serai pas langue de bois : je ne sais pas comment j’ai fait pour parvenir jusqu’à la fin alors que ça me démangeait d’appuyer sur la touche stop. Mise à part une séquence plutôt réussie où Kevin Bacon (s’il n’a pas été doublé) nous montre ses talents de danseur acrobatique et un court dialogue basé sur un quiproquo qui m’aura fait rire, le reste n’est que du vide reposant sur des concepts éculés jusqu’à la corde, voire complètement absurdes et ridicules et mal exploités de surcroît.

La force de Dirty Dancing est de rester intemporelle par son propos et la manière de le traiter. Footloose part du petit gars débarquant à la campagne, lui qui vient de la ville, et qui doit faire face à tout un tas de préjugés afin de se faire accepter de tous, s’il ne doit carrément pas se battre contre les lois les plus absurdes. D’accord, à notre époque, il y a toujours ce débat, lui aussi intemporel, quant à la violence de nos programmes déclenchant un ras de marée de violence dans nos rues. Ce n’est pas pour cela que le cinéma ou la télé ont été abolis par la loi. C’est pourtant ce postulat de départ que choisit Footloose en interdisant la danse sous prétexte qu’un pauvre type s’est tué en voiture en revenant d’un concert de rock. Vision somme toute naïve et un peu crétine sur les bords mais c’est là toute l’injustice choisie pour faire évoluer cette bande de jeunes et de parents vieux-jeu coincés avec une bible là où le soleil n’entre jamais…

Encore une histoire où l’être humain préfère s’en remettre à Dieu plutôt que de prendre ses responsabilités et exister pour lui. Le souci, c’est que c’est précisément ce que semble dénoncer ce film qui n’en finit plus d’apporter de l’eau au moulin à ce qu’il combat.

Bref ! Bourré de clichés, pauvre dans le propos, pauvre dans la réalisation, pauvre en intensité, aucune perspective d’évolution… la vidéo de Kevin Bacon reprenant les pas de danse 30 ans après la sortie de ce film était en fait cent fois mieux. Et heureusement que cette purge est sortie au bon moment pour avoir le mérite de lancer la carrière de Kevin Bacon (son rôle dans Vendredi 13 n’aura pas été assez conséquent), sans quoi, ça aurait pu être son chant du signe.

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